Archives pour la catégorie Alpinistes et Guides

Exposition : Les Trésors de l’Alpine Club en visite à Chamonix

Du 29 juin au 2 novembre 2015 et du 19 décembre 2015 au 17 avril 2016, une opportunité unique de découvrir une collection d’art de montagne inédite et exceptionnelle !

Newsletter Trésors de l’Alpine Club, hiver 2015/16

Pour la toute première fois, la collection de l’Alpine Club de Londres sera exposée en dehors de la Grande Bretagne.  Chamonix a l’immense privilège d’accueillir ces magnifiques œuvres, objets et documents d’archives. Le Musée Alpin, ancien  palais de la belle époque, offre un cadre magnifique pour accueillir cette exposition.

Musée Alpin, formerly known as Chamonix Palace

Musée Alpin, ancien « Chamonix Palace »

Les visiteurs peuvent découvrir plus de 50 œuvres réalisées par des artistes-alpinistes du 19e siècle, ainsi qu’un parcours scénographique original décrivant la genèse de l’alpinisme depuis le 18e siècle jusqu’à l’ apothéose de son âge d’or en 1865.

Michel Croz 1830 -1865

« le Prince des guides »

« Quand il s’élevait au dessus de la foule des hommes ordinaires, dans les circonstances qui exigeaient l’emploi de sa force prodigieuse et de la connaissance incomparable qu’il avait des glaces et des neiges, alors seulement on pouvait dire que Michel Croz se sentait complètement et réellement heureux »  Edward Whymper

Michel Croz © Musée Alpin Chamonix

Michel Croz © Musée Alpin Chamonix

Michel Croz est chamoniard, paysan cordonnier et guide. Il a guidé bien des « gentlemen », dont Matthews au couloir de la Grande Casse où il dut tailler 1100 marches avec sa hache. Michel Croz est réputé pour son flair de grimpeur et pour sa force. Croz est d’une vigueur exceptionnelle, même pour l’époque où les forts des campagnes ne manquaient pas. Croz soulève et tient un homme de 75 kg à bras tendus. Whymper l’a dit : « sans Croz je n’aurais probablement jamais fait l’ascension du Cervin ».

Originaire du Tour, village le plus haut de la vallée de Chamonix, Michel Croz ne vit que pour la montagne. Exerçant son métier de guide, il ne se fait vraiment remarquer qu’à l’âge de 30 ans lorsque William Mathews l’engage pour le Mont Blanc. Remarquant tout de suite son habileté, il le retient pour l’année suivante et Michel Croz va dès lors accompagner les meilleurs amateurs de l’époque (bien souvent anglais) avec lesquels il accomplit, en cinq ans, un nombre impressionnant de prestigieuses premières.

Michel Croz - gravure de Whymper

Michel Croz – gravure de Whymper

en 1861, c’est la première du Mont Viso avec Mathews,
en 1862 la traversée du Col de Ecrins avec Tuckett,
en 1863 la traversée des Grandes Rousses avec Mathews.
En 1864 il rencontre Whymper pour une nouvelle série (traversée de la Brèche de la Meije, Barre des Ecrins) en compagnie du grand guide oberlandais Christian Almer. « Réunir Croz et Almer était un coup de maître » déclare Whymper. Les deux guides s’entendent et se complètent admirablement.
Dans le massif du Mont Blanc aussi les premières s’enchaînent : Col du Triolet, Mont Dolent, Aiguille d’Argentière, Dent Blanche, Grandes Jorasses et traversée du Col du Dolent.
C’est l’âge d’or de l’alpinisme.
En 1865, Whymper qui cherche depuis des années à conquérir la cime tant convoitée du Cervin, se joint à Charles Hudson qui avait engagé Michel Croz pour cette ascension. Le 14 juillet, le guide mène à la victoire une lourde cordée de sept alpinistes: le vieux guide Pierre Taugwalder et ses deux fils comme porteurs, lord Francis Douglas, Hadow, Hudson et Whymper. Après « une heure bien remplie de vie glorieuse » au sommet, c’est la tragique descente : Hadow perd l’équilibre et entraîne Croz, Douglas et Hudson dans une chute mortelle. Michel Croz avait 35 ans…

Christian Almer, un guide d’exception

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Christian Almer 1826-1898

Jeune berger et chasseur de chamois de Grindelwald, Christian Almer s’engage dans la course au Wetterhorn (3692m), avec la ferme intention d’arriver avant la cordée formée par l’Anglais, Alfred Wills et son guide chamoniard, Auguste Balmat. Il emporte avec lui, ce jour-là, un petit sapin qu’il souhaite planter sur le sommet, à  la gloire de sa patrie, la Suisse. Alfred Wills et  Auguste Balmat, un peu agacés, saluent ce berger audacieux et l’invitent à se joindre à eux pour gravir le sommet !

Devenu guide, Christian Almer comptera parmi ses clients de nombreux alpinistes britanniques, et réalisera d’innombrables premières, dont le Mönch et l’Eiger dans les Alpes bernoises, la Barre des Ecrins dans les Alpes du Dauphiné et l’aiguille Verte et les Grandes Jorasses dans le massif du Mont-Blanc. Edward Whymper, accomplira de nombreuses premières ascensions avec Christian Almer et le guide chamoniard Michel Croz entre 1864 et 1865. Plus tard, il se félicitera d’avoir rencontré de tels guides, et saluera le travail admirable qu’ils réaliseront malgré la barrière de la langue.

Christian Almer sera sollicité pour des expéditions lointaines (Himalaya), mais sa femme, Margharita, ne veut pas qu’il voyage en bateau, trop dangereux !  Le couple Almer, à plus de 70 ans, célébrera son cinquantième anniversaire de mariage au sommet du Wetterhorn !

Outre son agilité et sa solide constitution, Christian Almer était un mélange de simplicité cordiale et d’honnêteté, qui lui valu de nombreux admirateurs.

Douglas Freshfield et François Devouassoud, une cordée de l’Âge d’or

L’été 1865 est marqué par plus les retentissantes premières de l’alpinisme depuis l’ascension du mont Blanc en 1786. Mais pendant que les derniers problèmes des Alpes (qui allaient en poser bien d’autres) sont résolus, de nombreuses caravanes parcourent les montagnes. Leur alpinisme se conjugue sur le mode du voyage et de l’exploration.

D’un bout à l’autre de la chaîne, ils escaladent les sommets tout autant qu’ils découvrent des vallées. François Devouassoud, de Chamonix, guide une de ces caravanes tout au long de l’été.

François Devouassoud

François Devouassoud

Né au hameau des Barrats en 1831, il est l’aîné de trois frères, tous guides. François fait des études à Sallanches et à Bonneville, et pense un moment à devenir prêtre. Il sera finalement instituteur et guide, admis à la Compagnie à l’âge de 18 ans. Son principal client, celui qu’il accompagne en 1865, c’est Douglas Freshfield, un avocat londonien qui pratique la montagne depuis l’enfance, aux côtés de sa mère, excursionniste et marcheuse passionnée, qui publiera des recueils de récits de ses escapades. Il ne faut sans doute pas chercher plus loin l’origine de la fabuleuse carrière d’alpiniste et d’explorateur que mènera son rejeton. Devouassoud et Freshfield se rencontrent en 1863, quand Michel Alphonse Couttet engage son jeune collègue comme deuxième guide pour faire le mont Blanc avec le Britannique. Mauvaise idée : les deux hommes vont trop bien s’entendre et faire équipe pendant de longues années ! Dès 1864, ils arpentent les Alpes, font la première de la Presanella (3556 m, massif de l’Adamello) et se retrouvent presque chaque année, jusqu’en 1892…

Devouassoud et Freshield au centre

Devouassoud et Freshield au centre

En 1865, on relève leur passage au Grande Mèsule (ou Grosser Möseler, 3478 m, Zillertal ) et au Langtaufere Spitze, (3529 m, Stubai), dont ils font les premières ascensions. Puis, poursuivant vers l’ouest, ils déflorent le Pizzo Tresero, (3602 m, Ortlès). François Devouassoud, avec Antoine Clément, de Champéry, escaladent aussi le Brunegghorn (3833 m, Valais) guidant lors de cette première G. F. Cobb, W.D. Rawlins et R. B. Townsend sur l’arête sud-ouest. L’année suivante Freshfield et Devouassoud ouvrent l’arête nord-est du Bietschhorn (3953 m, Oberland). Leur cordée part à l’aventure au Caucase, en 1868. Ils font d’abord la première du beau Kazbek (5042 m). Puis, trompés par le brouillard, ils gravissent le moins élevé des deux sommets de l’Elbrus (5629 m, le point culminant, tout à fait semblable, est 13 mètres plus haut).

François Devouassoud fera d’autres premières, notamment dans les Dolomites, au Catinaccio en 1874, et au Sass Maor, en 1875. Freshfield et François voyagent souvent ensemble, plus forcément dans les hautes montagnes. Le Britannique explore l’Atlas, le Kangchenjunga et le Ruwenzori. Il devient rédacteur en chef de l’Alpine Journal, vice-président puis président de l’Alpine Club, avant d’en devenir le doyen. Il préside même la Royal Geographical Society. François Devouassoud officie pendant dix ans comme trésorier de la Compagnie des guides de Chamonix, mais refuse de devenir président, car il n’est pas d’accord avec le règlement de l’institution. Il meurt en 1905, à 73 ans. Son client témoignera souvent l’amitié et l’estime qu’il portait à ce guide « agréable et cultivé… capable de parler avec aisance d’Athènes et de Constantinople, de Dumas et de Victor Hugo, plus volontiers même que de ses propres aventures alpines… »

Freshfield décède en 1934, à 89 ans. A son dernier moment, il réclame le compagnon de ses ascensions et de ses voyages.

Claude Gardien

Portrait de guide, Jean-Franck Charlet – Vertical Magazine

Vertical nous livre un  magnifique numéro sur l’âge d’or de l’alpinisme : les ascensions mythiques de l’été 1865, des portraits de guides et d’alpinistes, des histoires d’amitié fortes… 150 ans plus tard, la légende continue : Grindelwald, Zermatt, Valtournenche, Courmayeur et Chamonix célèbre ensemble leur histoire, confortant plus que jamais l’expression de Leslie Stephen Les Alpes, terrain de jeu de l’Europe.

Guide, de père en fils

Et l’alpinisme aujourd’hui… nouvelles voies difficiles, record de vitesse, expéditions lointaines, héritiers des pionniers de 1865, les alpinistes aujourd’hui écrivent, à leur manière, l’alpinisme de leur temps.

Jean-Franck Charlet est de ceux-ci, il descend d’une prestigieuse lignée de guides. Grand glaciairiste, professeur à l’Ecole nationale de ski et d’alpinisme, il a formé de nombreux guides. Il revient sur l’histoire de sa vallée et de sa famille.

Découvrez le témoignage de Jean-Franck Charlet :  Portrait de guide – Vertical Magazine

Vertical Magazine est disponible dans toutes les librairies, à découvrir absolument.

L’exploit de l’année : l’éperon de la Brenva – Vertical Magazine

Vertical nous livre un  magnifique numéro sur l’âge d’or de l’alpinisme : les ascensions mythiques de l’été 1865, des portraits de guides et d’alpinistes, des histoires d’amitié fortes… 150 ans plus tard, la légende continue : Grindelwald, Zermatt, Valtournenche, Courmayeur et Chamonix célèbre ensemble leur histoire, confortant plus que jamais l’expression de Leslie Stephen Les Alpes, terrain de jeu de l’Europe.

Une voie de légende…

Le 15 juillet 1865, alors que Zermatt vit dans la tragédie du Cervin, une autre performance

Adolphus Moore: author of the Alps in 1864

Adolphe Moore: auteur de The Alps in 1864

incroyable se réalise sur le versant italien du mont Blanc. L’éperon de la Brenva vient d’être gravi par une cordée redoutable d’efficacité, Horace et Frank Walker, Adolphus Warburton-Moore, Georges S. Mathews accompagnés de leurs guides Jakob et Melchior Anderg. Une voie de légende qui marque le début d’un alpinisme sportif où la recherche de la difficulté prend toute sa place.

Découvrez toute l’histoire de cette ascension  L’éperon de la Brenva : Vertical Magazine

Vertical Magazine est disponible dans toutes les librairies, à découvrir absolument.

Edward Whymper 1840 – 1911

Un Whymper méconnu !

Whymper autoportraitLa tradition présente souvent Whymper sous un aspect dur, autoritaire, voir acariâtre. Le drame du Cervin avait assombri sa vie et influença sûrement son caractère. Il vécut jusqu’à 71 ans et fut souvent seul. Mais le jeune Whymper laisse entrevoir un tout autre personnage. Entreprenant, intelligent, bon organisateur, énergique, infatigable, il se montre d’une redoutable efficacité à ce jeu des premières qui occupe les voyageurs britanniques de ce temps-là. Peut-être lui fit-on payer plus tard ce qui aurait pu lui permettre une vraie suprématie, si la vie ne lui avait pas réservé le malheur de perdre ses compagnons ?

Il faut imaginer Whymper voyageant dans les Alpes de 1860. A vingt ans, il explore des contrées peu connues (le Haut Dauphiné est resté à l’écart de la mode), engage des porteurs, des guides, prend contact avec des locaux, noue des amitiés qui lui seront utiles. C’est par le biais de ses amitiés ou de l’estime qu’il accorde à ses guides qu’on découvre, dans son livre Scrambles among the Alps, un peu de son caractère.

L’année 1864 est faste pour Whymper. A la descente de la première de la Barre des Ecrins, il descend vers les chalets d’Ailefroide avec Michel Croz, alors que leurs compagnons bivouaquent au Pré de Madame Carle. Croz et Whymper, dans l’obscurité, tombent dans un torrent. Ils arrêtent là leur descente : « Que je me souviens bien de la nuit passée sous ce rocher, en compagnie de Croz dont la belle humeur ne se démentit pas ! Nous avions tous les deux les jambes mouillées et une faim dévorante ; malgré tout, le temps s’écoula fort agréablement. A plus de minuit nous causions encore, assis près un grand feu de genévrier, fumant nos pipes et nous racontant des histoires merveilleuses, incroyables, et je dois avouer que sur ce terrain, mon compagnon me battit complètement ».

Le 9 juillet, avec Anthony Adams Reilly et Michel Croz, accompagné de Henri Charlet et Michel Payot, Whymper fait la première du mon Dolent (3820 m), à partir du val Ferret italien : «  C’était une miniature d’ascension. On y trouvait de tout un peu » s’émerveille-t-il. « Le sommet lui-même était petit, tout petit ; c’était bien le plus gentil petit cône de neige qui se fût jamais formé au haut d’une montagne ; et cette neige était si blanche, si immaculée, qu’il semblait criminel de la ternir ; c’était une Jungfrau en miniature, un sommet joujou, qu’on pouvait couvrir avec la paume de la main. » Froid et sûr vainqueur, Whymper ? Les pages qu’il consacre à Jean-Antoine Carrel laissent entrevoir, malgré la concurrence, l’estime qu’il porte au guide de Valtournenche. Mais ses phrases les plus émouvantes, Whymper les réserve au plus humble de ses compagnons, Luc Meynet. Ce fermier du Breuil, au pied du Cervin, bossu et pauvre, a recueilli les enfants de son frère, mais garde un incroyable bonheur de vivre. Whymper décrit leur rencontre : « … Nous vîmes le petit homme gauche et disgracieux se baisser, prendre les enfants dans ses bras, les embrasser sur les deux joues et les mettre dans les paniers vides de son mulet ; puis nous l’entendîmes chantonner… comme si ce monde était un lieu de délices. Mais à contempler la figure du petit Luc Meynet, le bossu du Breuil, on sentait qu’il avait beaucoup souffert… » Un jour, Whymper et Luc Meynet font une tentative ensemble sur l’arête du Lion, où ils montent plus haut que quiconque. L’Anglais raconte l’émerveillement de Meynet : « C’était la première fois qu’il contemplait cette vue sans un seul nuage. Le pauvre petit paysan difforme la regarda dans un silence plein de vénération, puis, se laissant tomber sur un genou, dans l’attitude de l’adoration, il joignit les mains en s’écriant avec extase : « Oh ! les belles montagnes ! ». Ses actes étaient aussi naturels que ses paroles et ses larmes témoignaient de la sincérité de ses émotions ».

Non décidément, Whymper n’était sans doute pas le monstre de froideur qu’on nous a parfois décrit.

Edward Whymper – 1860, un voyage initiatique

E. Whymper 1865En cet été 1860, Edward Whymper a 20 ans. Il a découvert les Alpes à Londres, quelques années auparavant, à travers le spectacle monté par Albert Richard Smith à l’Egyptian Hall à partir de 1854. Smith avait fait l’ascension du mont Blanc en 1851, et écrit un livre, The Story of Mont Blanc, en 1852.  Le jeune Whymper s’ennuie. Très curieux, grand lecteur, il aspire à une grande destinée « Premier ministre, ou alors millionnaire »… Mais, la plupart du temps, il note sur son journal : « Aujourd’hui : rien. Gravé du bois ». Il est graveur, comme son père. Il lit les journaux, commente, souvent péremptoire, les événements politiques du jour. En 1860, Albert Smith décède, la Savoie devient française, et le train de la chance passe dans l’atelier de gravure des Whymper. Les rédacteurs de Peaks, Passes and Glaciers, l’ancêtre de l’Alpine Journal, l’envoient dans les Alpes, pour dessiner les montagnes du Haut-Dauphiné. Par bonheur, Edward est un grand marcheur : il arpente souvent la campagne anglaise pour de longues randonnées. Si le train facilite déjà le voyage vers les montagnes (Edward a dessiné et gravé les illustrations d’un livre sur Stephenson et sa locomotive en 1858), une fois sur place, il vaut mieux compter sur une paire de bonnes jambes…

Parti par la Suisse, (le chemin de fer est arrivé à Bâle en 1844), il gagne l’Oberland à Kandersteg, traverse le Gemmi Pass pour rejoindre la vallée du Rhône, monte à Sass Fee, fait sa première visite à Zermatt, où le Cervin ne provoque chez lui qu’une curiosité de touriste (il n’est pas encore alpiniste…), met cap à l’ouest, et par les vallées et les cols, débarque à Chamonix, en même temps que Napoléon III et l’impératrice Eugénie, en visite dans cette Savoie nouvellement française. Il doit déjouer la surveillance les services de sécurité pour admirer la Mer de Glace, et la dessiner. Le tunnel du Mont-Cenis est en cours de percement, il visite le chantier, et gagne Grenoble, La Grave et Briançon. Il admire la Meije, se fait un ami à La Bessée (on parle aujourd’hui de L’Argentière-la Bessée) : Jean Reynaud, « agent voyer », c’est-à-dire officier chargé des travaux de voirie, du canton. Il admire le Pelvoux, entend parler des ascensions du capitaine Durand en 1828 et de Victor Puiseux en 1848.  Il est temps de repartir pour Londres. Ce voyage marque profondément le jeune Whymper. Peut-être les journées lumineuses de l’altitude, qu’il n’a fait qu’entrevoir illuminent-elles les longues heures passées dans l’atelier paternel à graver ses croquis? L’été suivant, il retournera dans les Alpes. Sa première visite sera pour son « digne ami Jean Reynaud ».

Michel Croz © Musée Alpin Chamonix

Michel Croz © Musée Alpin Chamonix

En 1861, il mènera ses premières « vacances d’alpiniste ». En cet été 1860, la Grande Casse (3855 m, point culminant de la Vanoise), est gravie par Michel Croz, guide originaire du Tour, tout au fond de la vallée de Chamonix, et William Matthews. Croz y démontre son habileté et sa résistance lors de la taille de centaines de marches dans la pente des Grands Couloirs. Whymper croisera bientôt leur route.

A suivre…