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Exposition : Les Trésors de l’Alpine Club en visite à Chamonix

Du 29 juin au 2 novembre 2015 et du 19 décembre 2015 au 17 avril 2016, une opportunité unique de découvrir une collection d’art de montagne inédite et exceptionnelle !

Newsletter Trésors de l’Alpine Club, hiver 2015/16

Pour la toute première fois, la collection de l’Alpine Club de Londres sera exposée en dehors de la Grande Bretagne.  Chamonix a l’immense privilège d’accueillir ces magnifiques œuvres, objets et documents d’archives. Le Musée Alpin, ancien  palais de la belle époque, offre un cadre magnifique pour accueillir cette exposition.

Musée Alpin, formerly known as Chamonix Palace

Musée Alpin, ancien « Chamonix Palace »

Les visiteurs peuvent découvrir plus de 50 œuvres réalisées par des artistes-alpinistes du 19e siècle, ainsi qu’un parcours scénographique original décrivant la genèse de l’alpinisme depuis le 18e siècle jusqu’à l’ apothéose de son âge d’or en 1865.

Interview avec l’alpiniste britannique Léo Houlding

Léo Houlding, Mirror Wall, Groenland

Léo Houlding, Mirror Wall, Groenland

Leo Houlding (né le 28 juillet 1980) est un alpiniste britannique, considéré comme l’un des meilleurs grimpeurs de vitesse sur terre.A l’âge de 18 ans,  Houlding devient le premier britannique à escalader  El Capitan dans la vallée de Yosemite en grimpe libre et il a fait de cette face son terrain de prédilection !

En 2007 il rejoint  the Altitude Everest Expedition, menée par l’alpiniste américain, Conrad Anker, ou ils retracent ensemble les dernièrs pas de l’alpiniste légendaire, George Mallory, sur l’Everest.

Les projets et prouesses de Léo Houlding sont nombreux, comme Mont Asgard sur BaffIn Island, Canada en 2009, qui donne lieu a un film intitulé  The Asgard Project.

Dernièrement, en juillet 2015, Houlding mène une équipe pour ouvrir une nouvelle route sur Mirror Wall, Groenland, une impressionnante face de 1 200m qui a nécessité 12 nuits de bivouac sur le mur !

Les gagnants du jeu 1865

Vous avez été nombreux à répondre à notre jeu concours et nous vous en remercions. Nous espérons que vous avez pris beaucoup de plaisir à chercher, à fouiller dans vos archives et à redécouvrir l’Age d’Or de l’Alpinisme. N’oubliez pas de nous suivre tout au long de l’été à travers les expositions, conférences, séances de cinéma, pièce de théâtre, mais aussi sur notre blog et notre page Facebook. Bon été à tous.

Un grand bravo aux 10 premières personnes qui ont trouvé le nom de ces huit alpinistes.

Sarah Ligeon – Cathy Ravanel – Alice Coldefy – Tom Redureau – Jean-Pierre Ravanel – Stéphanie Carrel – Marie-Claude Pautre – Marie Françoise Buonamassa – Marie-Claude et Gérard Hervé – Brigitte Djajasasmita.

Les huit alpinistes présentés devant le bureau des guides de Chamonix ont réussi en 1865 des premières sur les sommets suivants : Grande Mesule, Unter Gabelhorn, aiguille de Bionnassay, Pigne d’Arolla, Grand Cornier, Piz Roseg, Cervin, Punta di Vallunga, Trifthorn, Punta San Matteo, Breithorn de Lauterbrunnen, aiguille Verte, Obergabelhorn, éperon de la Brenva, Wetterhorn, Cervin, Wellenkuppe, Ruinette, Jungfrau, Piz Varuna, Brunegghorn, Pizzo Tresero, Grandes Jorasses, Silberhorn et le Nesthorn.
Soit 29 premières ascensions, ils méritent bien d’être honorés 150 ans plus tard.

QUIZZ1865

1 - Christian ALMER (1826-1897) – Grindelwald, Suisse

ll passe sa vie  à travailler la terre, chasser et faire le guide. C’est en 1854 que commencent ses innombrables ascensions et ses nombreuses premières dans toutes les Alpes avec quelques uns de ses fidèles clients. En France, il explore le massif du Haut-Dauphiné avec Coolidge, réussissant 23 premières. A Chamonix, l’aiguille Verte compte déjà 21 tentatives. Le 28 juin 1865, avec Whymper, il bivouaque  sous le grand rocher du Couvercle . Le 29 départ à 3h10, sommet à 10h15 : « ascension sans histoire, les conditions étaient bonnes, l’attaque avait porté au bon endroit ». Il est l’un des premiers guides à faire des hivernales ce qui lui coûte  ses orteils.

2 – Melchior ANDERREG (1827-1914) – Meiringen, Suisse

Il commence vraiment sa carrière en 1853 pour la terminer en 1901 : plus de 150 sommets, près de 3000 jours en montagne et 30 premières. Si Melchior a eu beaucoup de clients, quelques-uns lui sont fidèles comme Leslie Stephen, l’un des fondateurs de l’Alpine Club, ou la famille Walker, première du plus haut sommet des Grandes Jorasses et avec Lucy, la fille, la première féminine du Cervin. Tous louent son élégance, son savoir être et son habileté. Dans le massif, son coup d’éclat est la première ascension de l’éperon de la Brenva en 1865, en face est du Mont-Blanc.

3 – Michel CROZ (1830-1865)  Chamonix, village du Tour

Remarqué en 1859 par William Mathews, il guide la plupart des grands alpinistes britanniques de l’époque. De 1860 à 1865, il réalise 16 premières ascensions remarquables, notamment avec Edward Whymper. Le 14 juillet 1865, il conduit la cordée victorieuse du Cervin. A la descente, il est entraîné dans une chute : fin d’un grand guide « …aimé de ses camarades, estimé des voyageurs, une présence qui rayonnait ».

4 - François DEVOUASSOUD (1831-1905) – Chamonix, hameau des Barrats

Entré au séminaire pour devenir prêtre, il en revient  instituteur. Guide à 18 ans, il parcourt tous les massifs des Alpes. En 1865, il réalise 6 premières du Valais aux Dolomites, notamment avec son client Douglas Freshfield. Fidèle en amitié, doté d’un grand sens de l’humour, ils conduisent ensemble, en 1868, la première expédition de l’alpinisme. Sur les hauts sommets du Caucase, ils réussissent deux premières à plus de 5000 mètres. Plus tard, ils explorent des massifs des montagnes de Norvège et des Açores, d’Afrique et du Moyen-Orient.

5 – Jean-Antoine CARREL (1829-1890)  – Valtournenche, Italie

Surnommé « le Bersaglier » du nom des commandos dans lesquels il sert pendant les trois guerres d’indépendance de l’Italie et « le coq du village » chez lui. On imagine un caractère bien trempé, un leader naturel. Il faut bien ces traits de caractère pour faire du Cervin sa montagne. Première approche en 1857, vite repéré pour ses qualités de rochassier il est de presque toutes les tentatives. Le 14 juillet 1865, engagé pour la huitième fois sur l’arête italienne du Lion avec trois compagnons il est devancé par Whymper sur le versant suisse. Il y retourne le 17 juillet pour arriver au sommet et  encore 51 fois tout au long de sa carrière de guide.

6 – Jakob ANDERREG (1829-1878) – Meiringen, Suisse

C’est son cousin, Melchior Anderreg qui l’initie au métier de guide. Ils font de nombreuses premières ensemble. Quand Melchior se montre réfléchi, Jakob s’engage avec une audace folle, certain de forcer le passage, comme à l’éperon de la Brenva, sans crampons et sans possibilité de retour. En 1876, il réalise deux remarquables premières dans le bassin du glacier d’Argentière : la face nord des Courtes et surtout la face nord de l’aiguille Verte, par le couloir Cordier du nom de son client français qui l’accompagne.

7 – Michel PAYOT (1840-1922) – Chamonix, hameau des Moussoux

Guide en 1863, second de Michel Croz qui dira de lui « Encore jeune mais il lui est certainement réservé un grand avenir ». En 1864, il participe à cinq premières et en 1865 il conduit la première ascension de l’aiguille de Bionnassay. En 1870, avec James Eccles il réussit l’aiguille du Plan et en 1877, avec le même, il réalise son chef d’œuvre, le premier itinéraire dans la grandiose et immense paroi sud du mont Blanc. « Un des guides les plus complets de sa génération ».

8 – Peter TAUGWALDER père (1820-1888) – Zermatt, Suisse

Guide et paysan, il est reconnu comme un alpiniste expérimenté. En 1851, il réalise la seconde ascension du troisième plus haut sommet des Apes, l’Otzspitze, 4634 m, sur le mont Rose. Du 1er au 7 juillet 1865, avec Lord Francis Douglas, il réussit la conquête de quatre  sommets dans le Valais. Le 13 juillet il accepte de se joindre à la cordée que constitue Whymper pour attaquer  le Cervin. La suite, c’est le terrible accident à la descente. La commission d’enquête ne retient aucune charge contre lui mais la rumeur, injuste, le poursuivra jusqu’au bout.

Il y a 150 ans l’aiguille Verte

Couloir Whymper tracé©Claude GardienEn 1865, l’aiguille Verte domine la vallée de Chamonix de ses 4122 mètres et de sa virginité emblématique : flanquée de l’obélisque des Drus, elle forme l’un des motifs les plus impressionnants  des Alpes. Whymper ne s’y est pas trompé, il l’a mise à son programme de l’été. Sans doute en a-t-il parlé avec Michel Croz : natif du Tour, il a la Verte en ligne de mire tous les jours de l’année, et il connait assez le massif pour savoir que le seul accès envisageable se trouve sur le versant sud, au-dessus du glacier de Talèfre, invisible de la vallée. L’endroit est fréquenté par les cristalliers depuis longtemps.

Le 23 juin,  Whymper accompagné de Almer, Biner et Croz sont de retour de Zermatt. Ils se reposent sur la montagne de la Saxe, face aux Grandes Jorasses, au-dessus de Courmayeur. Le lendemain, ils font la première de la pointe Whymper aux Grandes Jorasses. Leur ascension n’a qu’un but : examiner le versant sud de l’aiguille Verte. Le 29 juin, Whymper, Almer et Biner font la première de la Verte par le grand couloir qui s’ouvre sur son flanc sud et la face qui le borde à gauche. Michel Croz n’est pas là : il a un autre engagement, conclu de longue date, et il ne peut participer à la première de la cime la plus emblématique de sa vallée…

SON&LUMIERE WHYMPER CROZLa première de la Verte est un évènement, Michel Croz aurait légitimement dû y participer. Mais la compétition pour les premières (qui se raréfient) est déjà féroce… L’absence de l’un des leurs, lors de cette première emblématique, provoque la colère des guides de Chamonix et, par ricochet, l’ouverture d’une voie nouvelle, plus longue et plus complexe quelques jours plus tard, à laquelle Michel Croz participe. Mais l’histoire n’est pas finie : le 17 septembre, R. Fowler, Michel A. Ducroz et Michel Balmat ouvrent une troisième voie sur la Verte, comme une tour sur un échiquier : la grande Rocheuse.  Entre elle et la Verte, un col arrondi, le col de la Grande Rocheuse (4051 m) mène à la superbe arête sommitale de la Verte. Cette voie n’est jamais devenue classique, elle est pourtant très sûre, variée et très belle.

En 2015, au début de ce mois de juin, alors que les conditions étaient optimum, trois guides de la Compagnie des guides de Chamonix, ont réalisé une ascension commémorative de la Verte. En costume traditionnel, ils ont rejoint chacun par l’une des voies réalisées cet été 1865,  le sommet mythique de l’aiguille Verte. Un film devrait bientôt retracer cette belle aventure.

La boucle est bouclée…

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MB. Factory et l’Age d’Or de l’Alpinisme

Les Clous : de la roche à la toile
Exposition été 2015

La galerie d’art contemporain MB. Factory a décidé d’articuler son exposition estivale
autour des 150 ans de l’âge d’or de l’alpinisme.
La galerie a ouvert ses portes avec la volonté de proposer des expositions autour de la
nature et de la montagne.
Cet été, les visiteurs retrouveront sur nos murs certains des sommets vaincus à
l’époque de l’Age d’Or de l’Alpinisme.

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M. Dalmasso

Pour notre exposition été 2015 (de juin à septembre), l’accent sera mis comme toujours sur la montagne et, en particulier, sur le thème de l’alpinisme.
Nos deux artistes permanents, Monica Dalmasso et Michel Delamarre, exposeront des photos et des peintures reflétant ces thèmes.
Grimpeuse talentueuse, Monica fait beaucoup de montagne et réalise des prises de vues incroyables en pleine face. Elle exposera aussi des clichés de montagne plus traditionnels.

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Le Chardonnet – M. Delamarre

Quant à Michel qui connaît si bien chaque paroi, chaque face du massif du Mont- Blanc, il nous fera partager la riche palette des changements de lumière sur les cimes, les crêtes, et les pics. Dans ses toiles, la lumière danse sur la roche, comme les alpinistes du monde entier, qui viennent vivre des émotions aussi fortes physiquement qu’esthétiquement.

Nous aurons également le plaisir de vous faire découvrir trois artistes : Cécile Fourcade, une artiste qui passe toutes ses vacances dans la vallée depuis de nombreuses années. Cécile crée de délicats collages alpins en papier de soie, avec des pleins et des vides façon pochoir. Une vision poétique et fragile.
Comme nos vies suspendues sur les parois.
Olivier Tops, artiste plasticien mégevan. Olivier nous fait le plaisir d’exposer ses toiles, dont le dessin apparaît en fonction de l‘éclairage et de l’ombre portée sur des… clous qui composent l’œuvre. Des clous de la roche à la toile !
Moraine, artiste peintre, Chamoniarde d’adoption, exposera quelques toiles
abstraites de sommets, dont la puissance n’a d’égale que leur immatérialité. Les toiles
de Moraine expriment la force et la beauté de la montage avec un grand M.

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C. Fourcade

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Moraine

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O. Tops

Jeu concours

1865 – 2015 : 150 ans

Chamonix célèbre l’année apothéose de l’Age d’Or de l’Alpinisme.
En 1865, du massif du Mont-Blanc aux Dolomites, 142 alpinistes – 80 amateurs et 62 guides – réalisent plus de 65 premières ascensions notables.

Les huit alpinistes présentés sur le parvis de la Maison de la Montagne ont réalisé quelques-unes des plus belles premières ascensions de 1865.

Qui sont-ils… ?

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Envoyez vos réponses à : 1865@chamonix.com avant le 29 juin

Des indices vous seront transmis via Facebook et le Dauphiné Libéré.

Découvrez également tout le programme des manifestations sur 1865.chamonix.fr

Les dix premières bonnes réponses seront récompensées par un lot offert par nos partenaires : Millet, la Compagnie des Guides, la Compagnie du Mont-Blanc et les Editions Guérin.

Les lots seront à récupérer à l’accueil de l’Office de tourisme à partir du 29 juin.

On attend vos réponses nombreuses…

La création des Clubs alpins

Basic RGBL’alpinisme naissant pousse progressivement ses pratiquants à s’organiser en clubs, suivant l’exemple de l’Alpine Club de Londres. Mais, contrairement au contexte britannique, ces clubs, qu’ils soient suisses, italiens, allemands, autrichiens, polonais ou français, naissent en lien avec des mouvements de création et d’affirmation d’identités nationales. Ils prennent donc des orientations liées aux conditions politiques et sociales de leur pays. La référence au modèle anglais est omniprésente mais avec le souhait affiché de s’en démarquer, notamment dans ces statuts jugés trop élitistes. Si les membres appartiennent plutôt à des classes sociales aisées, les méthodes de recrutement sont plus ouvertes et certains clubs, notamment italien, polonais et français, accueillent les femmes et encouragent leur participation.

Le Club alpin suisse est créé en avril 1863 au moment du développement de la Suisse moderne. Les pères fondateurs, essentiellement géologues, affirment l’orientation scientifique du club, ne se limitant pas à l’alpinisme mais s’intéressant aux Alpes en général. Le CAS adopte une structure fédérale à l’image du pays et se substitue à l’Etat dans plusieurs domaines comme la réglementation du métier de guide, l’aménagement du territoire alpin et la topographie nationale.

urlLe Club alpin italien naît en octobre 1863 suite à la première ascension italienne du mont Viso menée par Quintino Sella, géologue, alpiniste et futur homme d’Etat. Le club se donne deux objectifs principaux : celui de favoriser l’exploration, l’aménagement et la mise en valeur des montagnes, mais aussi la formation de la jeunesse et du sentiment d’appartenance à la nation italienne.

La situation du Club alpin allemand-autrichien (DÖAV) est particulière puisqu’il nait en 1873 de la fusion entre le club autrichien (ÖAV) créé en 1862 à Vienne et le club dissident (DAV) créé en 1869 suite à des désaccords internes. Cette fusion s’inscrit dans un contexte politique mouvementé entre la Prusse et l’Autriche. Le club favorise l’exploration des montagnes mal connues, l’aménagement des sentiers, la construction de refuges et la publication de guides touristiques, ainsi que la protection de la faune et de la flore et la mise en place de corps de guides.

La société polonaise des Tatras est créée en 1873 au sein d’un pays partagé entre trois grandes nations (Russie, Prusse et Autriche-Hongrie), en quête d’une reconnaissance identitaire qui passe par les confins montagneux du pays. Ils entendent ainsi développer la recherche scientifique et le tourisme dans les Carpates, protéger les espaces naturels et encourager l’accroissement de l’économie montagnarde.

Logo CAF 1874Le Club alpin français connait un retard dans sa création à cause de la guerre franco-prussienne de 1870 et ne voit le jour qu’en 1874. Il est créé en lien étroit avec la Société de Géographie. Sa vocation scientifique est donc très affirmée tout comme sa volonté d’encourager l’accès à la montagne par la construction de refuges. Il participe à la réglementation et à l’harmonisation de la profession de guide, à la protection de la nature et à la formation de la jeunesse avec des programmes pédagogiques ambitieux.

Laure DECOMBLE
Chargée des collections et des expositions
Musée Alpin de Chamonix

Nouvelles voies à la Combe Maudite

Tout au fond de la combe Maudite, un coin tranquille regorge de voies mixtes peu fréquentées : les Gendarmes du col Maudit. Ceux-ci s’alignent au sud du col lui-même, et de nombreux voies y ont été tracées dans les années 70-80 par Gian Carlo Grassi, Patrick Gabarrou ou Godefroy Perroux.

Saumons et glaçons photo Enrico BoninoA l’automne dernier, Enrico Bonino, Olivier Colaye et Luca Breveglieri avaient ouvert Saumons et glaçons, une voie qui reprend Fil d’Ariane pour s’en éloigner à gauche dans une ligne éphémère, qui propose 5 longueurs de mixte superbe, avec des passages de M5+, WI5+R, avec de la glace à 75 et 80°. Cette très belle voie voie fait 500 mètres de haut pour 11 longueurs au total, pas trop dure, est conseillée par ses auteurs, fins connaisseurs de cette partie du massif.

Jon Bracey au sommet du pilier photo Matt HellikerJon Bracey et Matt Helliker, insatiables cet hiver, ont remonté le 13 mars l’éperon à gauche de Fantasia per un Ghiacciatore. Leur voie démarre un peu à gauche du point le plus bas de l‘éperon, qu’elle remonte jusqu’à mi-hauteur, en escalade mixte. La suite est rocheuse, libre, le long d’une fissure qui mène sous le sommet. Zephyr, 400 mètres, cote M5+ et 6b, et propose une course complète.

icesurprise voie Photo Enrico Bonino

De l’autre côté du sommet du mont Maudit, sous l’arête Kuffner, un beau pilier supporte la pointe de l’Androsace. A sa gauche, une série de voies mixtes attendent souvent d’être visitées. Enrico Bonino et Giulia Venturelli ont ouvert cet automne une voie sérieuse démarrant 50 mètres à gauche de Surcouf sur un beau pilier. La deuxième longueur est le Crux, en M7. An… ice surprise fait 350 m pour 8 longueurs, et cote M7, WI5, A1+, III. Une surprise déjà sérieuse, donc…

Claude Gardien

Nouvelles voies dans le massif du Mont-Blanc

Basés à Chamonix, les alpinistes britanniques Jon Bracey, Matt Helliker et Nick Bullock continuent leur exploration du massif du Mont-Blanc à la recherche de nouvelles voies…

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Chancer, nouvelle voie à la Tour Ronde

Deux nouvelles voies ont été tracées fin décembre et début janvier à la Tour Ronde. La première, Chancer, à gauche de la goulotte Rébuffat, a été ouverte fin 2014 par deux guides britanniques installés à Chamonix, Jon Bracey et Matt Helliker. Ces deux alpinistes forment une cordée soudée et comptent à leur actif de nombreuses ascensions difficiles en Alaska, notamment la superbe première de Cartwright Connection, en 2011, sur le pilier nord du Mont Hunter. Leur nouvelle voie suit un dièdre superbe, souligné par de fines traces de glace, le long d’un pilier élancé. Au menu de ce 20 décembre glacial, un fort vent du nord-ouest et des nuages matinaux. Trois grandes longueurs de mixte pas si simples les mènent au pied de leur         lac1 mdg 2012 LumixLMoreau 114dièdre. Une fantastique longueur de 55 mètres, en M6, avec des ancrages parfois précaires, débouche sur une belle vire. Encore une longueur sérieuse et ils sortent sur un col de l’arête qui domine la goulotte Rébuffat par laquelle ils redescendent en rappel. Une belle voie de 250 mètres, d’un accès rapide à ski, qui devrait connaître un certain succès.

 

Matt Helliker, Night Fever L6 (c) Nick Bullock1La deuxième, Night Fever, est due à Nick Bullock et Matt Helliker, après une tentative de Nick  avec Tim Neill. Nick Bullock était présent aux Piolets d’Or en 2010, pour la première très convoitée de la face nord du beau Chang Himal, qu’il avait réussie avec Andy Houseman à l’automne 2009.  La nouvelle voie se situe en face ouest, à gauche du couloir Gervasutti. Nick et Matt ont sauté sur un créneau de temps calme au milieu d’une période de forts vents : le 8 janvier, la journée était prévue calme. Mais pas la soirée… Après avoir remonté les trois longueurs déjà connues, ils remontent un dièdre orienté vers la droite sur trois nouvelles longueurs. Au sommet du dièdre, il fait nuit, et le vent se lève, conformément à la prévision. Ce n’est qu’à 20 heures qu’ils touchent le sommet de la face ouest. Sortie nocturne et ventée, d’où le nom de la voie. C’est une escalade Matt1 Helliker, Night Fever, (c) Nick Bullockde sept longueurs, délicate (M8) dans le haut, à entreprendre quand la glace est bien présente, car le rocher y est brisé et les blocs nombreux. Descente en rappels rendue difficile par les conditions, dans la paroi située à droite, où se déroule une voie sans nom ouverte en 1973 par des grimpeurs inconnus, mais qui semble, d’après Matt et Nick, en bon rocher… Retour aux skis à 22 heures. Pour la petite histoire, Patrick Gabarrou, qui opérait dans le coin (on en parlera, c’est promis), voyant les frontales au sommet de la face ouest, rentrant à Helbronner, lui aussi sous la colère du vent violent, prévient les secours qu’une cordée peut se trouver en difficulté sur ce versant. Commentaire de Nick : « C’est bon de rencontrer un de tes héros et de voir qu’il prend soin des autres… ».

Les Piolets d’Or : Les nominés

Après 2012 et 2013, deux années exceptionnelles en réalisations marquantes, l’année 2014 marque une pause, probablement en raison du contexte géopolitique.
Malgré ce contexte difficile, les belles réalisations sont nombreuses et l’esprit de l’alpinisme engagé d’exploration reste intact. Découvrez la Liste des réalisations 2014

Cette année le comité technique international a sélectionné, en toute liberté et toute indépendance, parmi les réalisations de 2014 répondant à la Charte des Piolets d’or, celles qui seront honorées en avril 2015 à Chamonix et Courmayeur. En savoir plus